Thaïlande, vol 3
JOUR 1
Vol direct sur Thai Airways, RAS, j ai dormi comme une masse quasi tout le trajet, nickel le sommeil en retard quand on prend l avion. Pas voir passer 12 heures de vol, c est pas mal. Comme je suis une feignasse, un gentil monsieur de l hôtel m attend a l aéroport. Parlons en de l hôtel. Ce que j espérais, en mieux. Le phranakon nornlen est une perle, planquée, au calme, la devise slow life me convient tout a fait.
J attrape une paire de tongs et file m imprégner de la ville. L hôtel est a coté du pier de thewet, je vais prendre le bateau et aller me faire masser a wat pho (descendre a tha thien). L école de massage thai du même nom est dans une rue adjacente au temple, qui vaut le coup d il pour son immense buddha couché, mais je l ai déjà vu 100 fois. Il n y a personne, et je me fais étirer un peu violemment pendant une heure pour la modique somme de 360 baht – genre 7 euros. Plus de courbature, ça fait du bien, même si je sors de la dans l état d un chamallow fondu au soleil. Note numéro un: ne pas croire tous les gentils gens dans la rue, c est ouvert même le dimanche. Je crapahute ensuite jusque dans chinatown, mue par une irrésistible envie de retrouver ce fabuleux garçon qui cuisinait des nouilles sautées aux crevettes a tomber amoureuse (du garçon et des nouilles – j ai jamais su résister a un homme qui cuisine bien). Hélas, il n est point la. Je finis donc dans un resto sur l embarcadère de thewet, In love, d un intérêt modéré question cuisine, mais gros coup de cur pour la terrasse en teck sur le fleuve. Effectivement, quand on est in love, ça doit être assez romantique, comme lieu. Je me balade encore un peu au milieu des échoppes, toujours fascinée par ce que l on trouve – de la bouffe dans tous les coins, of course, avec une prédilection pour l utilisation de la brochette en bois (boulettes de viande, bananes, insectes grillés, tout y passe), mais aussi des amulettes, vêtements, bijoux, huile de massage sexy, attirail pour déboucher les canalisations. Je pense que tout le monde bosse dans cette ville, et vend « des trucs ». Je me sens fatiguée par le bruit et l odeur, comme disait l autre, je retourne a l hôtel. Cette ville est impressionnante pour ça, les sens sont en éveil perpétuel, ça grouille, ça klaxonne, les motos et bagnoles hors d age font un boucan terrible, faisant passer paris aux heures de pointe pour une bourgade de province. Quant aux odeurs, comme y a de la bouffe partout, j ai sans arrêt les narines qui palpitent – même si mon nez occidental a parfois un peu de mal avec le poisson séché ou la viande semi faisandée. Retour a l hôtel, bière et thé au gingembre, discussion de filles en compagnie de nos copains les moustiques.
JOUR 2
Il me prend l idée stupide, après 20 minutes de gym et un petit dej étrange – avec de la soupe aux champignons – de vouloir aller « a pieds » visiter un temple. Connerie. N importe qui d autre sait qu on ne marche pas dans bangkok, la ville n est pas faite pour ca, les distances sont trop grandes. Menfous. J ignore superbement taxis et tuktuk qui klaxonnent, manque de décéder 100 fois en traversant en courant des genres de boulevards périphériques, me fait dévisager avec insistance par des flics, des ouvriers, et globalement tous les gens que je croise – une « farang » seule qui marche en plein cagnard, ça a l air de les intriguer. De toutes façons, les thai regardent beaucoup. Mais avec bienveillance, et retournent les sourires – ça fait du bien d ailleurs. J arrive enfin a Wat Benchamabophit, avec sa galerie de 53 buddhas, ses jardins tous calmes et ses jets d eau, très chou. Je repars dans l autre sens, histoire de m achever. Passage au seven eleven – j adore retrouver ces magasins, avec ce bruit si caractéristique a l ouverture de la porte – pourquoi on n a pas ça en france, c est super pratique. Je récupère ma compagne de vacances et on se tente un « resto ». Vu qu on est pas foutues de déchiffrer le menu, on prend du poulet / riz, c est original. Et voila comment bouffer un truc correct pour 50 centimes d euros. On prend des trucs dans la rue, idem, on sait pas ce que c est – de la pâte de riz avec une maladie de peau (enfin, c est mon interprétation), remplie de truc marron – y a des cacahouètes, c est sur, pour le reste… C est ça qui est bien, aussi, en vacances, c est de faire des expériences culinaires. Puis pour être honnête, la seule intox alimentaire suite a un resto, c était un macaronné michelin… no comment. Digestion au lit, fait trop chaud pour faire autre chose qu une sieste. Aprem molle a bouquiner. Le soir, on se remue quand même pour aller bien manger dans un resto au nom de conte de fees, Once upon a time. Coince entre des buildings, un petit jardin luxuriant, des tables en teck, des bougies, de l anti moustiques, des plats excellentissimes, et un staff qui a l air tellement happy qu on se dit qu ils doivent être complètement défoncés… je sais pas ce qu ils prennent, mais j en veux. Peut être qu en fait le vrai bonheur donne l air super con. Retour a l hôtel et découverte époustouflante de la terrasse – jardin potager plein de légumes bio, avec une vue incroyable sur un buddha doré de 30 mètres de haut. Dodo.
JOUR 3
Tombée du lit aux aurores, je m énerve un coup en allant sauter a la corde sur le toit. Chacun son passe temps. Petit dej bizarre avec de la soupe, encore, champignons coco cette fois. On s y fait. Départ pour la gare, journée a Ayutthaya, ancienne capitale. Suis plus très sure de l orthographe. Le train est une infâme tortillard qui s arrête partout – un peu genre le train de nuit qui fait bangkok trang, sans rencontre notable cette fois. Il fait chaud, des gens passent sans arrêt pour vendre des tonnes de bouffe, on mange du sticky rice et des pancakes a la noix de coco, on évite soigneusement de respirer a l approche des poulpes séchés en brochette, dont l odeur, un mélange d urine et de vieille crevette, provoque chez nous des propos fleuris et une certaine hilarité. Déjà que tout le monde nous regarde comme des bêtes curieuses, ça ne s arrange pas. Arrivées a la gare, on chope un tuk tuk qui va nous trimballer pendant 3 heures de wat en wat (temple en thai, ce qui me fait chantonner « you say captain, I say wat » comme une andouille douze fois par jour – je me fais beaucoup rire). C est sublime, Ayutthaya, des frangipaniers partout, des temples magnifiques, des bouddhas drapés de tissus jaune, une sensation complètement irréelle. On rentre lessivées, crades et poisseuses – mais ça valait le coup.
Infos pratiques:
- compter 15 a 20 baht pour le train en aller simple, met entre 1h30 et 2h selon si on prend l option tortillard ou pas
- départs de bangkok 7h et quelques, 8h30 et 9h25, retour 13h26, 16h01, 18h52
- le périple en tuk tuk pour visiter les temples coute 300 baht de l heure (environ 8 euros), pour un service « chauffeur » (il vous droppe, attend, vous droppe au temple suivant, attend etc) et les entrées des temples entre 20 et 50 baht.
JOUR 4
Hier soir on a diné dans un endroit parfait encore – Kaloang Home Kitchen, pas dans les guides, pas d adresse (il est au bout du thanon sri ayuthaya, près de thewet): sur le fleuve, au calme, vue incroyable sur le pont Rama VIII, sans touriste a la con, tenu par des « monsieur / madame » comme dit ma compagne de voyage, au menu, crevettes au barbecue – mais vu la taille c est plus des crevettes pour moi – sauté de petits légumes et riz gluant a la mangue et au lait de coco, une tuerie. Pour fêter ça on descend beaucoup de bière, et on parle beaucoup aussi. Superbe adresse.
Ce matin on retourne a Wat Pho éradiquer nos courbatures. Autre masseuse, autre technique, toujours aussi efficace. Ensuite, direction le marché aux amulettes, juste a coté (Thanon Mahathat), qui fait aussi puces a ses heures perdues, on y trouve notre bonheur ( des mini statuettes de bouddha, hanuman, ganesh, des amulettes de bouddha « disco ») et même plus, vu qu un des vendeurs, un petit vieux, nous choppe par la main et se met a faire des prières sous l il approbateur de ses collègues. Un peu surréalistes, mais de la « good luck » est toujours bonne a prendre. C est ce genre de scène, loin des touristes en short et totalement lost in translation qui fait le vrai bonheur des voyages.
Ensuite je laisse A. pour notre crise d indépendance quotidienne, et je file déjeuner chez Jim Thompson. Dej gâché par la vision d un allemand en short avec sa pute. Le tourisme sexuel est une réalité qui gâche ce pays. De l extérieur, on dirait presque que c est un vrai couple. Ce simulacre de relation amoureuse tarifé me file la nausée. Je m étalerai sur le sujet plus tard. Puis après ça part un peu en vrille, ma journée. Je marche comme une brute, toujours harcelée par les taxis et tuk tuk qui comprennent pas le concept. Je m en prends plein la gueule de bruits, de bouffe, de couleurs, de gens, de sourires, un lavage de cerveau parfait, et en même temps tous les sens en éveil, stimulés, c est incroyablement excitant, je me sens completement a l aise dans ce joyeux bordel agité. Stop au Siam Ocean World. Oui c est un aquarium. Oui ça coute un bras (850 baht). Mais moi, les poissons, les requins, les hippocampes et les méduses, ça m apaise, c est comme ça. Encore plus avec un ipod sur les oreilles pour ne pas être polluée par l extérieur. Y a même des loutres… c est super speed en fait, une loutre. Je repars, je re marche, traverse le MBK, le Siam Paragon, le Siam discovery, tous ces centres commerciaux géants aseptisés et climatisés, puis je ressors dans la moiteur de la rue, couleurs, bruits, sourires, re lavage de cerveau. Retour a l hôtel, en attendant A. pour aller bouffer des choux et des capotes.
Et la y a quand même une reprise de Boule de flipper qui passe pendant que je finis ce post, et ça me réjouit énormément, bêtement. « Il faut que j oublie pour être toute neuve, les souvenirs c est du poison au gout citron ». Yeah.
JOUR 5
Hier soir j ai enfin eu mes choux et mes capotes. Cabbages and condoms (10 soi Sukhumvit 12), en plus d être un charmant resto avec jardin et lampions, est aussi un lieu hallucinant décoré de compositions en capotes (lampes, arbres en fleurs, compositions diverses, père noël et j en passe), qui sert du ricard et qui a pour vocation de lever des fonds pour le planning familial thai. La bouffe est pas mal, sans plus, mais la sensation de faire une BA compense largement.
Aujourd’hui, je pars a la recherche de gugu, que je trouve au Siam Discovery, j en profite pour faire un paquet d achat inutiles chez Propaganda et Roominteriorproducts (4th floor), des boutiques d objets futiles et rigolos, et pour acheter du thé au gingembre et a la citronnelle chez Ong’s tea. Je retourne a l hôtel choper ma compagne de voyage, et on repart dans l autre sens pour Siam Discovery, encore, tester un japonais « all you can eat », Oishi Grand (2nd floor). Concept fabuleux, pour 600 baht (10 euros), buffet jap a volonté, orgie de sushis, sashimis, brochettes, desserts bizarres. On y retournera, on n a pas tout gouté. Traversée des centres commerciaux Siam center, Siam Paragon, avec essai de fuck-me shoes Sergio Rossi SUBLIMES (celles-la mais en noir) que limite jme trouve torride avec, et de l incroyable Central World pour trouver un Muji et ses flacons de voyages de 100 ml, pour cause d avion demain.
Retour en taxi, pour changer, au moins 6 trajets par jour, même si ça coute pas grand chose (genre 2,5 euros par -long – trajet), c est vite lassant de ne pouvoir ni marcher ni choper le métro qui ne dessert qu une infime partie de la ville. Toujours se munir d un papier avec l adresse de sa destination en thai, sous peine de se retrouver… ailleurs.
LES JOURS D APRÈS
Aéroport, direction Trang, avec One 2 Go, qui devrait s appeler autrement, parce qu une fois tout le monde embarqué, tout le monde descend pour cause de « technical problems ». Un petit homme s agite sous l avion, avec un air perplexe, et hop, on remonte, on serre les dents, on prie Dieu et bouddha, et on arrive indemnes à Trang. Transfert jusqu’à Pakmeng Pier, long tail boat, arrivée à destination a Koh Hai, au Mayalay. Endroit sublime, huit bungalows en bambou sur la plage, ça vaut bien les exorbitants 60 euros la nuit, c’est le plus joli spot de la plage.
Première nuit, réveillées en sursaut par un boucan des enfers, un « truc » est tombe du plafond et pousse des cris bizarres. Lumière, vision d horreur, un « rodent » englué dans une sorte de frisbee, en pleine agonie. BIRK. On se rue pour trouver un homme – dans certaines situations, c est totalement indispensable – on réveille un pauvre gars a 5 h du mat qui nous débarrasse de cette chose immonde. Un peu traumatisées, on est. Ensuite les journées se ressemblent. Footing au lever du soleil, gyn, ptit dej, baignade, glande a l ombre, dej, sieste, baignade, glande au soleil couchant, bière, diner de trucs de la mer au BBQ, quelques massages au Tanya resort au bout de la plage. Une sublime excursion, quand même: koh kradan, jolie ile aussi, on se fait un stop miam au seven seas resort, bien luxe mais pas méga fendard – bonne bouffe néanmoins, puis emerald cave à koh mook, endroit magique qu’on a eu la chance de visiter seules, on nage dans une grotte et on arrive sur une mini plage encerclée de murs de roches pleines de végétation, une tuerie, un vrai goût de bout du monde qui n’a pas bougé depuis des siècles, à faire mourir de jalousie Patric Blanc, puis du snorkelling d’excellente qualité.
Quelques crottes de rat plus tard, un peu exaspérées, on se fait « surclasser » au Thapwarin – ndlr, on a rien contre les rats, mais pas a ce prix la. Plus de rat, mais des touristes sinistres, un endroit un peu aseptisé. L emploi du temps continue a ne pas varier. On s’énerve toujours ponctuellement sur la totale absence de conscience écologique des resorts de l’ile, et sur le tourisme de masse, mais je vais pas m’étendre là, je ferai un post plus tard.
Retour a Trang, on y passe la nuit cette fois, dans un endroit appele my friend, tres drole avec ses aquariums sans eau remplis de morses en bois (ouais…). On mange bio pour deux fois rien, dans un sublime endroit – Thang Luak, sur Thanon Pleon Pi Thak, qui fait aussi boutique bio – tellement paumé que le staff est obligé de nous ramener en scoot, sans casque. Idem le soir, ou c est la miss tiger beer qui nous ramène… a trois sur un scoot… je fredonne born to be wild.
Retour à Bangkok, envie de piscine, on choisit un hôtel où on est supposées pouvoir s’incruster moyennant finances. Le chauffeur de taxi est fou à lier, nous perd en banlieue, on n y arrive tellement pas qu’il appelle … une traductrice (transposons la scène en france et rigolons 5 minutes), avec qui je finis par perdre patience à coup de « we’re in the fucking middle of fucking nowhere », la classe à la française, une heure et demie plus tard, et après une négo acharnée, on arrive à l’hôtel, où le prix pour l’incruste à la piscine nous énerve tellement qu’on y va au culot et en toute décontraction, et on se baigne gratos. Le soir, all we can eat sushis, le retour, passage chez un tatoueur et sur Kao San Road, sorte d’enfer sur terre, cet endroit est une vraie horreur, faudra qu’on m’explique ce que les touristes y trouvent – surement pas du dépaysement, en buvant de la heineken et en écoutant de la grosse musique qui tache… no comment. Pas de taxi pour rentrer (les bouchons habituels + la manif), donc on choppe des motos taxis, en jupette mais avec un casque cette fois. Reconnaissables à leurs dossarts bleu ou orange, c’est quand même le moyen le plus rapide de se déplacer dans BKK.
Le lendemain, Chatuchak Market, encore en moto, pour un énervement shoppinguesque, Wat Pho, pour deux derniers massages, avec un monsieur charmant qui me dit « plus fort, plus lent, ça chatouille, ça fait mal ? » dans un français parfait, j’adore, puis Thanon Rambutri pour un tatouage, enfin deux.
Commentaires (4)
VEUX ALLER Là BAS!!!!
quel dépaysement!
mon voyage de noces!…j’adooore voyager!
Dan voulait qu’on fasse le tour de la Scandinavie(Islande;blue Lagoon;les Geysers,la Laponie,le père noël et tutti quanti);je veux bien aussi;mais VEUX la Thaïlande!
Oui euh pour le voyage de noces, chepa, c pas super glamourisant comme destination, bangkok… tu sues tu colles impossible de se maquiller ou se coiffer…
En islande tu dois être plus digne… ceci dit toute cette moiteur, ça a un petit cote… mmm…
ouais si je piges bien le climat de la Thaïlande c’est en gros le même que celui de la Guyane lol:ici aussi tu peux pas te maquiller,tu dégoulines,il ya un taux d’humidité toujours supérieur à 60%…et il fait si chaud et si lourd…toutes les maisons ont des clims;sinon c limite impossible;donc je connais déjà cet aspect pas glamour du tout quand on colle à la sieste(crapuleuse),c’est génial,hum…de toute façon,la guyane,c’est comme un morceau d’Asie situé en Amérique du Sud;déjà un bon tiers de la population est asiatique,et ce n’est pas pour rien que la France a « donné » certaines terres de Guyane au peuple Hmong après la guerre d’Indochine(village de Cacao,à 100km de chez nous,absolument pittoresque;en pleine forêt amazonienne,on se croirait au beau milieu du Laos.
mais tout ce que tu nous racontes et bien moi ça me donne bien envie d y aller quand même,en Thaïlande!
mais non, Maman, je portais un casque!…
)
je vois que c’est bien résumé
merci encore pour tout, mon Lapin : les franches rigolades, les blagues douteuses, les engueulades, les réconciliations, les grat-grat, les photos de tout et n’importe quoi, les sourires, les belles découvertes, les coups de folie (born to be wild!)… et pour TOI, Lapin