Test # 9: le cheval

Celui qui m’a dit un jour « le sexe, c’est comme le cheval, ça s’oublie pas » est un con. Déjà, il me semblait que c’était le vélo, qui s’oubliait pas. Ensuite, aujourd’hui, je me suis félicitée de minimiser les interruptions longues dans ma vie sexuelle. Du cheval, j’en ai fait quand j’étais très jeune, moins de 10 ans, même qu’à l’époque, même pas peur,  je montais des vrais chevaux et tout. Puis plus tard, je montais parfois à cru, histoire de me la péter – d’ailleurs une fois, un des bestiaux a décidé que je serai vachement mieux par terre que sur son dos, ça m’avait même pas refroidie, mais j’ai constaté qu’une selle et des étriers, ça servait. Depuis rien, jusqu’à ce jour, où l’idée me prend, pour profiter de mes vacances, de faire une balade à cheval le long de l’Ariège.


Techniquement, d’ailleurs, Domino, ainsi se prénomme ma monture, je  veux pas le vexer, mais c’est  rien qu’un poney. Avant de le voir, je suis limite déçue de me balader « à poney »,  au lieu de « à cheval », parce qu’on peut vachement moins se la péter, après. Quand on me le présente, je révise mon jugement hâtif. Cette chose est un poney GÉANT. Le qualifier de poney, c’est comme me qualifier de naine avec mon 1,60 m. Il a la taille d’un petit cheval, quoi. Il est en train de bâfrer quand je lui passe le machin avec la corde – le licol, pardon, c’est pas une corde, et d’ailleurs, sur les voiliers non plus, ça s’appelle un bout, soyons précis. Il a pas des masses envie de venir, d’ailleurs, et je commence à comprendre qu’en plus de m’avoir filé un mini-cheval, on m’a filé un boulet caractériel.

On me le selle – quand même, c’est pas comme si je savais seller un cheval, je viens de Paris (…), je grimpe là-haut, je vois bien qu’il bouge pendant l’opération, cette raclure. Tour de piste pour voir si ça va. Tu sais trotter et galoper ? Euh. Bah il suffit de le faire aller plus vite, non ? Oui mais non, faut se lever se baisser. Ah. Je vois pas, mais on trouvera. Je suis avec 3 copines, plus la tenancière du bordel – du haras pardon, chacun des chevaux a sa place, et on part. Sauf que Domino, il est sacrément têtu. L’avant dernière position, ça lui convient pas du tout, donc il colle au cul de son prédécesseur, genre les mecs véner sur l’autoroute. Limite s’il pouvait il klaxonnerait. J’ai un peu honte, mais il en a rien à foutre que je m’arrache les bras en tirant sur les rênes. Me voilà donc  en deuxième position. Allez, au trot. Ah oui, le truc se lever se baisser. C’est parti. Domino part comme une flèche, et après deux minutes de tape-cul infernal, je vois vaguement ce qu’il faut faire – éviter de repartir avec des hématomes et les fesses plates, on se cale, un temps sur deux, hop, on lève on baisse, j’ai peur pour mes jambes demain. On me félicite, y’a pas de quoi, c’est pas pour l’amour de l’équitation, c’est pour l’amour de mon cul.

 

Un petit galop ? Je dis que ça va aller, je vais rester au trot, mais cette saloperie de poney refuse de se laisser distancer, et me voilà en train de doubler la chef de file, en essayant de pas tomber de cette chose agitée qui interprète mes tentatives désespérées pour le freiner comme autant d’incitations à accélérer. On finit par rentrer, après des épreuves vicieuses (dénivelés, branches, rivière). Je bien l’esprit de ce PONEY GEANT. Je lui dis que oui, c’est bien Domino, l’esprit de compétition, c’est sain, et être plus rapide et indiscipliné que tous les autres,  c’est classe. Qu’il est pas si petit, d’abord, et que c’est le plus beau. Et je me marre, parce que forcément, que je tombe sur un mini-cheval qui n’en fait qu’à sa tête, c’est pas un hasard. Qui a dit « mimétisme » ?

 

 

 

 

 

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Commentaires (3)

 

  1. Grenoblois dit :

    tuut tuuuut
    Ahah j’ai beaucoup aimé le coup du klaxon !

    Quelle idée aussi de faire des sports extremes comme ca ?! au fait ça va là après qques heures ? tu t’occupes bien de ton cul si jpeux me permettre ? :)

  2. Lapin dit :

    Oui c’est stupide, j’aurais mieux fait de me faire un tetris. J’ai un peu trop poussé mon délire « vacances à la campagne » – en fait, non, j’assume, je suis une pure provinciale qui kiffe la nature et les sports en extérieur, et 13 ans à paris n’y ont rien changé.

    Sinon, merci de t’inquiéter, mon cul va bien, le reste aussi :-)

  3. marc dit :

    Mouhaha les joies de la campagne sa me rappelle une anecdote assez sympathique sur ma vie (et oui comme tu parles souvent de la tienne j’en profite pour parler de la mienne sur ton site :D ) bref où les filles de notre bien aimée classe de lycée avait décidé que comme camp de fin d’étude nous ferions du cheval… comme elle était majoritaire dans la classe je me suis faits la même chose que toi mais en 10 jours et mes fesses ainsi que mes jambes ne s’en sont jamais remis, enfin tout pour dire que je comprend et compatis chère lapin =P

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