Test # 5: Facebook, mon ami ?

Quand on est en freelance, tout le monde s’accorde à dire qu’il faut réseauter. Je réseaute donc. Les réseaux sociaux sont mes amis. Linkedin, c’est fait, Viadeo, Plaxo et même Copains d’avant, c’est fait. Ah, il me manque Facebook, FB pour les intimes, fessebouc pour les comiques. Dont tout le monde parle, justement, je suis pas encore dessus. Allons-y. Alors, comment ça marche ? Fort simplement, nom, photo, blabla sur qu’est ce que tu fais dans la laïfe, tout ça, tout ça. Hop, rempli. J’ai plein d’amis dessus, dis-donc. Hop, je les invite. Ayé. Et maintenant ? Et maintenant, je découvre avec horreur que cet outil communautaire est le diable personnifié, surtout pour les lapins procrastineurs professionnels.


FBOn peut être fan de la terre entière. On peut s’inscrire à des groupes, du plus sérieux au plus incongru. On peut faire des batailles de boules de neige, offrir du champagne, adopter un alien, faire trois miyars de tests à la con, draguer, acheter et vendre ses amis, et j’en passe. Une foultitude d’applications développées par d’autres procrastinateurs est disponible, et permet d’agrémenter (de pourrir ?) son profil en deux secondes chrono.

On peut poker. Jte poke, tu me re-pokes, je te re-re poke, c’est sans fin. Moi, j’adore poker, en tout bien tout honneur, la traduction de ce terme pouvant être équivoque. C’est dire « hey, jsuis là », « hey, j’pense à toi », »hey, ça va ? », « hey, jme ferais bien poker moi »… hey plein de trucs, quoi. Et quand on est une handicapée du téléphone et qu’on appelle ses amis une fois par an, et encore, c’est fort pratique. « Ouais, jtai pas appelé, mais jtai poké ». Hop, amitié sauvée.

On peut dire en même temps à 150 personnes qui s’en tapent complètement ce qu’on fait, là, tout de suite, ce qu’on vient de faire, ce qu’on va faire, ce qu’on pense, qui on emmerde. Et parmi ces 150 personnes, si certaines ne s’en tapent pas complètement, il y en a toujours quelques unes qui répondent, une réponse appelant une réponse qui en appelle une autre. On se retrouve avec un wall tout plein de conneries.

On peut partager des photos de vacances, de soirées, se retrouver tagguée ivre morte avec les yeux rouges, la gueule luisante et le sourire de 4 grammes. C’est merveilleux. On perd un temps dingue. On va fureter sur plein de profils « d’amis », la notion d’amis étant assez élastique, vu qu’on se fait demander en ami par des gens qu’on connaît pas, souvent, et qu’on les accepte, souvent, ça fait genre « wow t’as vu j’ai plein d’amis », et donc on se retrouve à aller voir le profil de bidule qu’on connaît même pas, et que fait bidule en ce moment, ah ouais, tout ça, pfioulala. Trop intéressant.

Un jour quand même, ça monte au cerveau que, vu qu’on a pas encore la maîtrise des privacy settings, son boss, son ex-boss, son futur client, son ex contemple émerveillé toutes ces diarrhées épistolaires. Et là on décède d’horreur. Je vais pas faire un laius sur les dangers d’internet, d’autres font ça infiniment mieux que moi, mais Big Brother est là. Et définitivement, il te regarde. Même les gens qu’on a pas envie qu’ils nous trouvent, ils nous trouvent, et comme on a rien paramétré, ils peuvent vous envoyer des messages. Et vous pourrir votre journée, voire semaine, selon les gens. Damned.

Alors, alors, privacy settings, donc (oui moi jsuis une puriste, j’utilise facebook dans sa langue natale, parce que j’aime « looking for » et pas « à la recherche de », et « boxes », pas « boîtes », et « photos de moi », c’est vraiment ridicule). Vaut mieux y penser avant, parce qu’il faut ranger ses amis dans des groupes et attribuer des niveaux de droits par groupe. Autant dire que quand on en a 456, c’est pénible. Donc voilà, AHAHAH, le groupe « Taff », y voir rien. Sauf l’essentiel, mes infos pro. Mes boxes, mes  statuts, mes photos, RIEN. Gnarf, victoire. Jpeux même mettre que j’emmerde mon client et ses briefs pourraves dans mon statut, ça ne fera rire, éventuellement, qu’une poignée de privilégiés triés sur le volet (la poignée que mes conneries amusent vaguement), mais ne me privera pas de travail. Donc maintenant, même plus peur d’ajouter « quelle est votre position favorite ? » dans mes tests sans avoir droit à des regards de travers en réunion.

Pour consacrer ma schizophrénie, j’ai deux profils FB, le mien et celui de Lapin à Paris. Viendez donc, soyons amis, on se connaît pas, on s’en fout, vive Facebook. Viendez perdre votre temps, vous aussi.

Lapin à Paris's Facebook profile

Mots-clefs :, ,

Commenter