Cador
Voilà, je fais un post à titre posthume. Avec une grande tristesse, et une certaine colère. L’autre jour, il faisait beau, et voilà, je me suis dit, je vais pique niquer sur le pont des arts ou dans la cour carrée, au soleil, avec un bouquin, un ipod, et du bon sandwich suivi d’extraordinaire(s) gateau(x) achetés chez Cador. Cador, c’était une super ancienne pâtisserie parisienne, avec salon de thé, moulures, dorures, grands miroirs et vieux meubles dedans. Et le service qui allait avec, à l’ancienne. Madame souhaite autre chose peut-être ? Lovely.
Cador, c’était des gâteaux maison tous plus délicieux les un que les autres. C’était des sandwichs remplis de bon saumon, de bonnes crudités ou de bon jambon, au pain de mie découpé en rectangle, qui déchiraient leur mère. C’était des thés et des chocolat liégois, assis dans ce décor hors d’âge (enfin, si, XIXème) et feutré. C’était le Concorde, leur spécialité au chocolat, et des tas d’autres trucs magiques qui donnaient des frissons et presque un orgasme tellement c’était savoureux et délicieux. C’était des croissants à tomber par terre.
C’était aussi des plats que je n’ai jamais goutés. C’était là où se réfugie Carrie abandonnée par son russe. C’était ma pâtisserie quand j’habitais pas loin, ma halte avant une balade de l’autre côté de la seine ou un squatt sur le pont des arts. Des souvenirs à gogo, que j’avais hâte de faire revivre par cette belle journée ensoleillée. J’en salivais d’avance.
Et donc, j’arrive, et soudain, c’est la fin du monde. Ce n’est plus Cador, c’est Cojean. Et un Cojean moche, en plus. Malgré tout le bien que je pense de cette cantine bobo light remplie de pétasses et de métrosexuels, et qui coûte un bras, là, j’avoue l’avoir eu mauvaise. Très. D’ailleurs depuis je boycotte tous les Cojean.
Limite j’en aurais pleuré, d’ailleurs j’avais les larmes aux yeux, je suis hyper sensible quand il s’agit du bonheur de mon ventre. Remplacer ce lieu culte parisien par une putain de chaine qui vend de la bouffe aseptisée, c’est une honte. A quand un Mac Do à la place de Chartier ?
Affligeant, déprimant, c’est un pan de l’âme gastronomique de Paris (oui, parfaitement) qui est aujourd’hui décédé. Et c’est triste. Tout ça parce que la mode est au « bouffer sain ». Rien contre sur le principe, mais franchement, le boulghour et les salades à la sauce light, c’est bon pour la ligne, mais ça a jamais donné d’orgasme à personne.

Mots-clefs :cador, Miam, pâtisserie
Commentaires (4)
ouais bien dit !!
(dans un autre registre, les bistrots et librairie du quartier latin qui deviennent des boutiques de fringues)
mais que fait la police
et tu as pas cherché d autres news ??
quel dommage, tu viens de me filer la dalle
au fait, ca mange de la viande un lapin ?
tristesse
ca fait lgtps maintenant mais jy repense souvent…Cador cetait toute ma jeunesse
Je compatis… c’est dommage que ça ne puisse plus être qu’un souvenir.