Les enfants perdus

Déjà, mon petit côté psychorigide « surkiffe » l’organisation de la carte. Par thème. En entrée, la mozzarella, l’artichaut, le saumon, et d’autres, en plats, le bœuf, l’agneau, le veau, et d’autres, en dessert, le mi-cuit, le tiramisu, etc. Carré, quoi. Un coup d’œil sur l’artichaut me fait penser qu’ici, ils ont pas peur des mélanges osés.

L'artichautJugez plutôt: « servi avec une composition gourmande de foie gras, crabe, haricot vert et œufs de poisson ». Euh, vraiment, vous êtes surs ? On essaye, parce qu’on est sportive, et vu qu’on partage, on fait même pas gaffe que c’est l’entrée en or, à 14 €.

Et on a bien fait, parce que le mélange s’avère particulièrement réussi. C’est fin, ça fond, miam. Ensuite, test du veau, avec une purée de panais au cumin (faut arrêter les légumes de saison d’hiver maintenant, ceci dit), tout à fait honorable même si pas à se taper le cul par terre (18 €).

Et puis après, c’est le drame, on craque sur deux desserts, parce qu’on n’arrive pas à se décider entre le mi-cuit et le pain perdu. Alors, alors, le mi-cuit est terrible, mais les amateurs de sucres passeront leur chemin, pur chocolat bien amer, sans farine, servi avec une superbe glace à la mangue, et un peu de piment d’espelette.

Et que dire du pain perdu… soupir… sublime, accompagné d’une curieuse glace à la guimauve (arg) et… tenez-vous bien… d’une barbe à papa réalisée sous vos yeux médusés. Totalement régressif, le dessert, mais rien que lui vaut le détour – et son prix, 8 €.

Avec tout ça, le staff est fort aimable (même si maladroit, le jean de ma coéquipière testeuse en a pris pour son grade, et ensuite on a essayé de l’ébouillanter pour nettoyer le tout), la déco sobre mais sympathique et soignée, et on peut même tomber sur des voisins charmants et communicants avec qui on partage bouteille de vin et impressions. Le seul bémol, merci la domotique, c’est que d’un coup, la lumière se baisse tellement qu’on voit à peine ce qu’on mange, ce qui est regrettable. Mais pas dramatique.

Update : des fois, les bons restos, c’est comme les gens, ils nous déçoivent. Quand on est dans un restaurant de ce niveau (de prix), on a quand même un certain nombre d’attentes. Parmi elles, quand on commande une côte de bœuf saignante, 25 euros, on se dit vaguement qu’elle va être saignante. Que nenni. A point de chez à point, ce qui lui vaut, chose rare, un retour en cuisine, ce qui ne réjouit pas le serveur. Retour de ladite côte de bœuf. La même. Comme j’avais faim, et que mes amis avaient déjà quasi fini (notamment un fort bon magret, parfaitement rosé, je dois le reconnaitre, un peu jalouse), je mange. Une côte de bœuf trop cuite. Qui a gout de côte de porc, bizarrement. Je le signale néanmoins au serveur, qui m’assène que c’est un tout jeune bœuf, donc quasi un veau, donc c’est normal que la viande soit rose et pas rouge. OK, je prends acte, mais 1/ c’eut été aimable d’annoncer ça à la prise de commande (notre côte de bœuf est une côte de veau – qui a gout de porc) 2/ quelle que soit la viande, une cuisson saignante ou rosé n’est pas à point ni bien cuit 3/ Normalement, quand on merde, on s’excuse, on ne dit pas exaspéré « On ne va pas vous la compter pour que vous ne disiez pas de mal de la cuisine ». Ceci mis à part, la barbe à papa et le fondant au chocolat au piment d’espelette sont toujours aussi bons.

A tester, ils servent un brunch le dimanche.

Les enfants perdus
9, rue des Recollets
75010 PARIS
01 81 29 48 26
Ouvert tous les jours (et ça, c’est classe)

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Commentaires (1)

 

  1. Itvan dit :

    Ouaip ! çà donne bin envie d’une p’tite régression, ton affaire… Mes papilles gourmandes plutôt orientées amer, t’en remercient d’avance !

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