Humeurs de Lapin
I don't believe in soulmate
Sunday, 10 February 2008 22:55
"But I believe in handsome men hitting on my wife !". Fameuse réplique de Chandler, qui me fait toujours autant rire. Donc, aujourd’hui, Docteur Lapin va étudier le concept de "soulmate". Pourquoi ? Je sais pas, faut bien que je trouve matière à mes humeurs, hein. Donc aujourd’hui, soulmate au menu.
Enfin maintenant, c’est bien malin, je sais pas par quel bout le prendre. Alors, je dis que j’y crois pas, à l’âme sœur. C’est pas pour faire une humeur d’aigrie. C’est juste que par ces temps agités, où les ¾ des gens de mon âge encore célibataires, le Lapin ici présent inclus, ne semblent pas trop aptes à faire de la relation réussie, ça semble un peu difficile à croire.
Je sais pas bien ce que ça peut être, un soulmate. Un truc pareil que soi avec qui ça le fait justement parce qu’on est pareils, birk, je crois pas. Je suppose plutôt que ça doit consister en un gens fabuleux, avec une personnalité, des idées, un humour, une « philosophie de la vie », plein de choses qui résonnent en soi, et qui font que ça colle plus qu’avec le commun des mortels.
Comme ça, je veux bien admettre que ça soit vaguement envisageable. Et encore. Le concept de soulmate implique une sorte de chose excluante, si on part du principe qu’on a pas 15 âme sœurs, ça voudrait dire qu’il n’y aurait qu’un soulmate pour chacun, et qu’en attendant qu’il se pointe (tap tap tap) on perdrait son temps. Pire, si on l’a eu et qu’on l’a laissé filer, pour une obscure raison, ça serait un motif suffisant pour se couler les pattes dans du béton, et se jeter dans la Seine avec allégresse.
Donc j’y crois pas. J’ai décidé. En revanche, je crois à ma brillante théorie des pourcentages, développée sans doute un soir de beuverie avec des amis pas très frais, ou pendant une longue période de méditation et d’abstinence, je ne me rappelle plus.
Exposé de la théorie : quand on rencontre quelqu’un, on lui attribue un "pourcentage de compatibilité", ou taux de satisfaction global, avec une liste de critères longue comme le bras, ou pas, deux / trois bien pertinents peuvent suffire. Pas la peine de faire un fichier excel avec du ranking, même si j’adore ça, ce qui m’a d’ailleurs valu quelques déboires amplement méritées, juste au doigt mouillé, ça suffira. Donc, celui-là (ou celle-là, hein, ça marche aussi), on va dire qu’il est compatible avec moi à 60%. Chacun ses critères, hein, ne soyons pas un Lapin trop directif. Je vais pas vous livrer les miens, je ne veux affliger personne. Disons que 100, ça le fait grave et on s’épouse dans la minute, 0, je lui donne même pas l’heure à cet âne. Voilà hop, après, y’a qu’à placer le curseur.
On peut donc quitter un 70% pour un 80%, ou alors pour un 50% (mais là on est un peu énervé). Statistiquement, il y a beaucoup de 30% dans la nature, et plus on grimpe dans le pourcentage de compatibilité, plus ça se fait rare, comme l’air à la montagne. Après, le challenge, c'est de pas attribuer un 80% comme ça paf, à quelqu'un qui vous en donne 30. Sinon, c'est pas gagné.
Donc le soulmate, ça serait du 100% des deux côtés. Et ça, c’est trop, parce que si on le rencontre au milieu de la nuit, ça va être dur de trouver une mairie ouverte. Ensuite parce que être tout compatible et d’accord sur tout, si ça existe, bonjour l’ennui. Je te passe le sel avant que tu le demandes, on se parle pas parce que c'est pas la peine, waow, cette ambiance.
Ceci dit, avec cette brillante théorie, c’est quand qu’on s’arrête ? Parce qu’on peut passer sa vie à courir après les quelques pourcents manquants, avec ce raisonnement. Sauf que non. Un jour, on regarde son 75,5% qui ronfle (ça n'est qu'un exemple, remplacez par ce que vous voulez, qui vous gonfle, qui regarde le foot, qui boit de la bière), et on se dit que mieux, ça serait indécent. Et qu’on va pas être assez stupide pour prendre le risque de se retrouver avec une tripotée de 30% à qui il manquera forcément, au bout d’un moment, les 45,5% restants.
Voilà ce que j’en pense, moi, des soulmate. Si un jour il me tombe sur le coin du museau (aïeuh), je ferais moins la maligne (si, on dit bien maligne, et pas maline, m'emmerdez pas).




