Humeurs de Lapin
Until death do us part
Monday, 11 February 2008 22:40
J’adore cette phrase de mariage. Je promets de t’aimer et de te chérir blablabla jusqu’à ce que la mort nous sépare… C’est quand même balaise, de regarder son / sa futur(e) dans les yeux et de dire un truc pareil, sans tourner la tête, sans ciller (csiller ? siyé ? see yeah ?), option désolée c’est une poussière / un corps étranger d’origine végétale dans mon œil.
Ca veut quand même dire, d’une manière ou d’une autre, que ça va être long, et que ça va durer jusqu’à ce que l’un des deux décède. Sans aide aucune de l’autre partie, évidemment. Et on n’épouse pas un malade en phase terminale, c’est de la triche (oui, je sais, je suis horrible). Donc c’est quand même foutrement ambitieux, comme programme. Parce que dans la vraie vie, surtout de nos jours, ma bonne dame, y’a plus de saisons, et une relation qui dure, et pas qui dure genre un film d’amour asiatique (= long et chiant, on s’ennuie à crever mais on ose pas trop sortir en plein milieu), ça court pas les rues.
(NDLR pour pas avoir d’ennuis, espace avant les deux points : tout ce qui suit n’est que le fruit de mon imagination fertile, toute ressemblance avec une situation réelle ou des protagonistes encore de ce monde ne serait que totalement fortuite).
Je vais donc militer pour l'annihilation de cette malheureuse formule, et comme j’ai la critique constructive, je suggèrerais de remplacer cette allusion macabre qui n’a aucune place en ce jour de liesse intense par, au choix :
… jusqu’à ce que je jette tes costards Hugo Boss à la poubelle, après les avoir lacérés et roulés dans la litière du chat,
… jusqu’à ce que tu retrouves ton ordinateur en miettes sur le trottoir,
… jusqu’à ce que je te mente comme un arracheur de dents (qui dit toujours mais non, ça va pas faire mal),
… jusqu’à ce que je me casse avec les gosses sous le bras,
… jusqu’à ce que je demande la révision de mon droit de garde, à la baisse,
… jusqu’à ce que j’en rencontre un(e) mieux,
… jusqu’à ce que tu découvres que je te trompe, depuis des années, et voilà mes (autres) enfants,
… jusqu’à ce que je découvre que tu ronfles comme un ours des cavernes bourré à l’absinthe,
… jusqu’à ce que, après deux mois de break à te faire mariner, je te dise « ah non, hors de question qu’on se remette ensemble »,
… jusqu’à ce que tu sois vieux et moche,
… jusqu’à ce que j’appelle les flics quand tu m’approches à moins de 500 mètres,
… jusqu’à ce que l’effet de l’alcool se dissipe,
… jusqu’à ce que je te plaque le jour de la Saint Valentin ( / Nöel / tes trente ans),
… jusqu’à la fin du voyage de noces, au prix du billet, faut profiter,
… jusqu’à ce que tu n’aies plus de fric,
… jusqu’à ce que tu sois enceinte,
… jusqu’à ce que je découvre que tu es un homme,
… jusqu’à ce que les enfants soient grands,
... jusqu'à ce que mon fond de teint ne cache plus les bleus que tu me fais,
… jusqu’à ce que j’aille acheter des cigarettes loin, loin, loin,
… jusqu’à ce que tu perdes tes cheveux,
... jusqu'à ce que je me demande ce que j'ai bien pu te trouver,
... jusqu'à ce que je ne t'aime plus, quoi, en bref.
Roooooooooh ça va, faites pas cette tête, mais si, le Lapin il pense que c’est possible d’aimer très très longtemps (la même personne, j’entends). Mais siiiiii, z'êtes pas drôles hein. Juste, moi, promettre des trucs, ça me stresse. Alors je te promets rien, et sur un malentendu, je t’aime toute la vie. Ca te va, là ? En même temps, si je dis juste ça, y'a plus d'humeur, et mes fans râlent.


