Humeurs de Lapin
Les dix commandements
Sunday, 10 February 2008 23:03
Petit exercice parfaitement stérile, écrire les 10 commandements pour réussir une histoire (selon moi, hein, pas de commentaires désobligeants, chacun fait comme il veut ou peut).
NDLR : syndrome Carrie Bradshaw : je tartine, mais je ne maîtrise absolument pas mon sujet.
1/ De ton passé tu te souviendras
Après quelques heures de vol, on commence à engranger de l’expérience, côté histoires, et plutôt que de soigneusement les empiler, et les ranger dans le tiroir sous le lit, autant se poser 5 minutes (ou 5 jours ou 5 mois ou 5 ans) pour essayer de voir pourquoi ça n’a pas marché. Et éviter de reproduire méthodiquement les mêmes âneries.
2/ Ta checklist tu reliras
Si on sait, après introspection (voir ci-dessus), que globalement, on a besoin d’un tempérament artistique en face, on ne replonge pas encore une fois avec un financier ou un commercial (et inversement). Si on fait l’écureuil toute l’année, on ne saute pas sur le premier panier percé qu’on croise. Si on est une obsédée de la sécurité, on ne s’accroche pas à un dilettante irresponsable. Si on tranche sans arrêt dans le vif, on ne va pas s’énerver sur un velléitaire. Enfin, bon, c’est du basique, mais mine de rien, ça peut servir.
3/ Doucement tu iras
C’est pas la peine de s’agiter, hein, malgré la fameuse horloge biologique (la quoi ?), surtout, hâtez-vous lentement. Ne pas se jeter la tête la première dans un truc hyper fusionnel là tout de suite, pour dans un mois trouver ça irrespirable. Prendre le temps de se renifler avant de débarquer avec sa valise.
4/ Ton identité jamais tu ne perdras
Les gens ont quand même une fâcheuse tendance, surtout en début de relation, à faire l’article et à se montrer sous leur meilleur jour. Ou du moins le jour que veut voir l’autre. Qui lui-même en fait autant. Mauvaise idée. Les fêtards déguisés en pantouflards, les adeptes de films ukrainiens faussement convertis au film d’action, c’est la cata, parce que ça fausse la checklist, et c’est toujours un brin énervant de s’apercevoir que les croix, fallait pas les mettre, et qu’on s’est fait eu comme un bleu. Limite, ça mérite une claque. Soyez-vous même, et si vraiment personne ne veut de vous en l’état, posez-vous quelques questions. Mais enlève ce masque, on t’a reconnu, Fantomas.
5/ L’autre tu ne changeras pas
Hum, ça, je dois reconnaître que c’est une tentation relativement féminine. « Il serait parfait si »… « Il fait tout le temps ça, ça m’agace, mais il finira bien par devenir raisonnable ». Non. Il sera castré, frustré, brimé, mais pas raisonnable. Oubliez. On prend le package et on fait avec, ou on laisse le garçon dans le même état que celui dans lequel on l’a trouvé, et on attend un candidat plus adapté. Non, même les fringues, on n’essaye pas. Enfin quand même, ce polo Célio, est-ce bien… rhem.
6/ Ton espace vital tu préserveras
Le modèle fusionnel a fait ses preuves d’inefficacité et d’absolue non pérennité. Vous avez un chez moi, ou un chez vous deux mais avec de la place (thème récurrent chez le Lapin), chacun fait ses trucs, a ses amis, ses activités, fous-moi la paix je bouquine, puis s’il n’y a pas de manque, il n’y a pas de désir, et ça, c’est mal. Puis un couple, ce n’est pas un seul cerveau. On décolle bien les siamois, alors faites-en autant.
7/ Moyennement de concessions tu feras
Bien sûr, on n’est pas obligés de partir sur du « je suis comme je suis, je t’em… et si t’es pas content(e), tu vois la porte, là ? ». Ceci dit, se tordre en forme de 1 quand on est un 8, c’est un peu absurde. Tant que ça fait plaisir de faire plaisir à l’autre, on est bon. Quand ça devient de l’effort et qu’on en a conscience, et que ça pèse, faut arrêter, cf. point 4/.
8/ L’honnêteté tu privilégieras
Vieux fantasme de Lapin. L’expérience m’a convaincue que toute vérité n’est pas forcément bonne à dire en l’état, mais que globalement, mentir, c’est pas la panacée, ça épuise nerveusement et on se fait lamentablement griller les ¾ du temps. Puis bon, quand on est gonflée, c’est pas la peine de faire un sourire crispé option tout va bien. L’autre n’est pas forcément un âne, il sent les trucs. Donc c’est bien de se parler. Avec diplomatie (là, j’ai du taff).
9/ L’autre pas pour une béquille tu prendras
Jolie tournure. Quand on est sinistre, on ne prend pas un comique pour se divertir. Quand on n’est pas sociable, on ne compte pas sur l’autre pour faire fournisseur d’amis. Quand on n’est pas bien dans ses pompes, on n’attend pas de l’autre qu’il aille bien pour deux. Quand on est mal poilé, on ne prend pas l’autre pour un défouloir. On culpabilise pas l’autre parce qu’il en fait pas assez. On est bien tout seul, avant d’essayer d’envahir la vie de quelqu’un. On règle ses problèmes. Il peut rien faire pour vous, le pauvre autre, il n’est pas là pour ça. C’est juste la cerise, pas la pâtisserie ET le gâteau.
10/ Tous ces commandements tu oublieras
Parce que c’est bien beau, la théorie, mais ça reste théorique, c’est ça la limite. Parce que merde, le couple, c’est pas une science exacte, on a le droit d’être mauvais, névrosé, pas doué, d’avoir peur, de pas très bien savoir. Juste relire les 9 points précédents de temps en temps, histoire de pas faire trop n’importe quoi. Puis l’amour, ça rend truffe et irrationnel. C’est ça qui est bon. Vénérez des idoles.


