Humeurs de Lapin
L'amour comme au cinéma
Sunday, 10 February 2008 23:01
Des fois, on se demande pourquoi dans la vraie vie, c’est pas plus comme au cinéma. Et tout de suite après, en y regardant de plus près, je me dis que finalement, on n’en est pas si loin. Jugez plutôt.
L’amour déprime : ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, mais finirent par se routiniser à mort, se tromper, se déchirer, plus se supporter, se retrouver, se tromper, divorcer, se tromper (ah non, là, ça compte pas, ils sont plus mariés), se réconcilier, se haïr. Sélection : beaucoup trop de films français récents. Si il ne devait en rester qu’un : Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants.
L’amour qui met du temps à monter au cerveau : ils se rencontrent, coup de foudre mais c’est pas le bon moment / elle est mariée (ou lui, ou les deux) / il est phobique de l’engagement / il veut et elle pas, puis il veut plus et elle si. Tout ça finit par se résoudre and they lived happily ever after (enfin normalement, sauf s’ils sont dans un film français, auquel cas c’est pas gagné). Sélection : Friends (10 saisons), Serendipity ( 2 ans), Les Poupées russes (deux films), Quand Harry rencontre Sally. S’il ne devait en rester qu’un : Carrie et Big, Sex and the City, six ans pour finir sur le Pont des arts.
L’amour inconditionnel: ils se voient, s’aiment, et c’est plus fort que les tueurs à leur trousse, une mère hystérique, la mort, les trolls et les méchants princes.
Sélection : True Romance, Sailor et Lula. S’il ne devait en rester qu’un : Princess bride.
L’amour mais c’est compliqué : ils s’aiment mais… y’a la guerre, la maladie, Tara, l’infidélité, la famille de Maria, l’effaçage de mémoire, bref, c’est la merde. Et ça finit souvent pas extrêmement bien.
Sélection : Autant en emporte le vent, L’insoutenable légèreté de l’être, An affair to remember, West Side Story. S’il ne devait en rester qu’un : Eternal sunshine of the spotless mind (et en plus il finit bien).
L’amour improbable : évidemment ils se haïssent, sont comme chien et chat la moitié du film, ils n’ont rien en commun, ça commence de la pire manière qui soit, et ça finit en happy end, comme il se doit.
Sélection (pas inspirée, ça vient pas): A life less ordinary. S’il ne devait en rester qu’un : J’me sens pas belle.
L’amour niais: c’est beau, ça dégouline, ils s’aiment, et même si on a des doutes au début (genre...), ça finit par le faire, en suintant partout du sucre avec du miel et un peu d’eau de rose, et un poil d’humour pour faire passer le tout, sinon, ça serait carrément indigeste.
Sélection : Quatre mariages et un enterrement, Love Actually. S’il ne devait en rester qu’un : Une femme modèle.
L'amour impossible: ils s’aiment mais… vraiment, y’a pas moyen. Never. Niet. Euh… rien ne me vient. Soit je suis une inconditionnelle optimiste à la mémoire sélective, soit, vraiment… Ah ah, si, victoire, Bollywood, spécialiste des amours impossibles, nous a donné Devdas ! Ouf, merci Bollywood. Pour le coup, une belle catastrophe pendant trois heures, mais en chansons. Ah et quand même, hum, au temps pour moi, honte suprême, s'il ne devait en rester qu'un... "Louis, I think this is the beginning of a beautiful friendship"... Casablanca (encore que, ils ont quand même fait deux fins, donc une où elle prend pas l'avion).
Il y en a juste une race que le cinéma a loupé, à ma connaissance, c’est l’amour tranquille. Faut dire, l’ivresse de la cuisine à quatre mains, des WE dans la belle-famille et des plateaux télé DVD, rendre ça digeste et intéressant pendant une heure trente minimum, c’est pas gagné.
Sont nuls, ces gens qui font des films, à faire croire que l’amour, c’est forcément un grand machin qui doit être très fort et ou très compliqué ou finir très mal, pour que ça mérite un film. Après, on est tout empêtrés d’envies de trucs dingues, alors que que tout ce qu’on veut, au fond, c’est loutrer devant un DVD en mangeant des pizzas. Enfin ceci dit, quand même, Carrie et Big... Jonathan et Sara... Joel et Clementine... mpff...


