Humeurs de Lapin

Un esprit sain, c'est déjà bien

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Monday, 11 February 2008 23:23

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J'aurais rêvé d'être un Lapin sportif, tout musclé et anguleux, un corps de rêve à la Geri Halliwell (pas période chubby spice girl, période il pleut des hommes alélouilla). Mais comme ça, de naissance. Paf, je suis née, jsuis musclée. Sans effort. Naturellement. Et c'est raté. Alors, j'ai essayé, hein, de faire du sport. Mais le sport et moi, c'est une sorte d'histoire d'amour foireuse, je le veux, mais pas trop, et réciproquement.

Pourtant, hein, mes parents, ils y ont mis du leur. Na collé le petit Lapin à la danse classique. Pas vraiment de souvenir, sauf celui d'un cri horrifié de prof "oooh" et de toute la salle qui se retourne, regardant mon bidon, que j'avais malencontreusement omis de rentrer, et qui faisait "pof", désordre immense au milieu de ce tableau parfait de gamines raides comme la justice en train de faire des entrechats. Tout ce qu'il m'en reste, c'est que quand j'attends le métro, j'enchaîne les 5 positions. J'ai l'air con, mais ça me satisfait. Et je rentre même pas le ventre. Vengeance.

Ensuite, je crois que j'ai fait du tennis. Un an. L'été, ça allait encore, mais l'hiver pfff, c'est chiant, fait froid et noir le soir, brrr. Puis bon, sans lunettes, je voyais pas les balles, et avec, c'est pas pratique. Que des bonnes raisons pour arrêter. Puis je voulais pas avoir un seul gros bras musclé.

Après, y'a eu le judo. Ceinture jaune de judo, le Lapin. Et oué. Un an, j'en ai fait. Puis bon, j'étais la seule fille, début de puberté, début de seins et de fesses proéminents, garçons pas intelligents, kimono un peu flottant. Na arrêté le judo.

Après, j'ai beaucoup couru. Ca j'aimais bien. Déjà, parce que j'étais douée, en tout, vitesse, fond, demi-fond, et ensuite, parce que j'étais toujours première des filles devant une qui me détestait et que ça énervait beaucoup, et pis aussi, parce que je finissais devant pas mal de gars que ça énervait encore beaucoup plus. J'ai même eu une médaille, et encore, jfaisais la gueule, parce que j'étais première des filles, mais que 11ème tous sexes confondus. Bref, de supers saines motivations et un bon esprit sportif comme on l'aime. Tout moi.

Après, y'a eu le lycée: le saut en hauteur, avec cette putain de barre toujours trop haute; le lancer de poids, très très lourd cette saloperie; les sports d'équipe avec des balles qu'on se prend en pleine poire (même quand on joue pas et qu'on passe à 150 mètre du terrain), des filets trop hauts pour un Lapin d'1,60 m déplié, ça a achevé de me brouiller avec le sport pour quelques années.

Malgré tout, des fois, j'y reviens. Ma dernière tentative de piscine municipale (même que j'avais une carte 10 entrées, optimiste) s'est soldée par deux semaines endormie au boulot (forcément, nager de 7 à 8 le matin, ça éclate bien) et une engueulade avec un hystérique à bonnet bleu dont j'ai malencontreusement coupé l'élan. On m'a légué un step qui prend la poussière. Ma denière descente chez Décathlon a encombré mon appart d'un tapis de sol, d'haltères jaunes (très cholies avec le step bleu) et d'une barre de traction qui me sert essentiellement à étendre mon linge. J'ai séché la journée porte ouverte du club de kickboxing, et de celui de krav maga. Pourtant, j'étais à fond motivée, hein. Mais bon, j'avais la crève pour la première, et plein de taff pour la deuxième.

Bon, allez, j'avoue. J'aime pas le gras et le mou. Mais j'aime encore moins le sport. J'éprouve une admiration sans borne (encore que) pour les gens qui arrivent à se tenir à leurs bonnes résolutions. J'aime pas les obligations, j'aime pas les heures fixes, j'aime pas les compet' le dimanche matin, j'aime pas suer, j'aime pas forcer, j'aime pas les courbatures, j'aime pas les glaces des salles de gym, j'aime pas perdre. Le sport, c'est le seul truc (enfin, avec arrêter de fumer) pour lequel je suis totalement vélléitaire, et je déteste. Alors pour arrêter d'être vélléitaire j'ai décrété: le sport ne passera pas par moi.

Mais j'ai découvert le power plate. 15 minutes de pure rigolade à prendre des postures idiotes, un plateau vibrant, et ça fait comme une heure de sport à donf. Sans suer, sans trop forcer, et avec presque pas de courbatures. Et pour le même prix, on me dit que je suis souple et que j'ai du potentiel musculaire, alors, hein, que veut le peuple ?

De la bièr' et du power plaaaaaaaaate pour l'éliminer !