Humeurs de Lapin

Fallait pas

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Monday, 11 February 2008 22:52

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Des fois, on fait des choses débiles dont on est content quand même, mais c’est pas le sujet. Mais parfois, on se lance dans un truc, on le fait, avec plus ou moins de conviction, avec plus ou moins la sensation que c’est pas l’idée du siècle, mais on le fait quand même.  Et après coup, on se dit que bon, à choisir, on aurait mieux fait de pas se réveiller avec cette idée-là ce jour-là. Florilège.

Fallait pas l’inviter. Ca vous est sûrement déjà arrivé, d’essayer de mélanger les genres, et plus particulièrement les amis. Et bien certains mélanges sont contre nature, sachez-le. Moi je garderais toujours un souvenir ému d’un dîner tranquille, où j’ai ramené une copine normalement civilisée, qui en un apéro et 15 minutes chrono s’est transformée en monologue ambulant version hystérique. Les regards des autres convives accablés se tournaient sans cesse vers moi, leurs yeux m’interrogeant « mais qui est cette cinglée ». C’est rien, c’est personne, je me contemple les orteils toute la soirée. Demain, je me fais un gommage des pieds et je change de vernis. Et d’amis. Je pourrais également mentionner dans cette catégorie le troupeau d’alcooliques dégénérés qui m’ont tué mon parquet au champagne, un ami vert pomme qui n’a pas atteint mes toilettes et a vômi courageusement dans la baignoire, un autre ami qui a honteusement dragué la copine d’un des invités, et bien d’autres.

Fallait pas partir en club. Déjà, quand Maurice, Momo pour les intimes, chemise ouverte et chaîne en or qui brille, vous accueille chaudement en annonçant le programme des réjouissances, par exemple pot d’accueil avec orchestre folklorique et danses, alors que vous êtes laminés par le voyage, vous trouvez que ça sent pas bon. Vous zappez le pot, mais dès le soir, quand un Momo bis vous course au bord de la piscine pour vous inscrire au tournoi de ping-pong du lendemain, ça se confirme. Une bonne nuit de sommeil, hein, et il n’y paraîtra plus. Hélas, le lendemain matin, une espèce d’euro dance, qui vous rappelle le son que vous aimiez déjà pas à la fin des années 80, vous fait bondir dans votre lit. Cours d’aqua gym, 9h du mat, dommach, votre chambre donne sur la piscine. Avec un peu de chance, si vous arrivez à échapper au concours de t-shirts mouillés, à la chenille, au spectable de fin de séjour et autres joyeusetés avec des beaufs en tongues, vous passerez presque des vacances potables. A la fin, vous êtes le con de parisien qui connaît pas les prénoms de tous les ersatz de GO de ce Club med du pauvre, mais au moins, l’honneur est sauf. Ca vous apprendra à vouloir partir pas trop loin pas trop cher à la dernière minute.

Fallait pas sortir avec son collègue de bureau. Quand ça se passe bien, vous avez juste droit au regard goguenard de vos autres collègues qui vous ont grillé, et à passer vos cafés et déjeuner à roucouler. Quand ça se passe plus, vous avez juste droit au regard apitoyé des collègues sus-cités, à faire vos pause café seule et vos pauses déjeuner en tête à tête avec votre ordi et un mauvais sandwich. No comment.

Fallait pas accepter ce verre en terrasse. C’est sympa, les rencontres en soirée, surtout en fin de soirée, un poil arrosée, option tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Dans l’euphorie, on laisse son numéro, on se fait rappeler (je rappelle pas, c’est moi la fille). Et ça peut arriver de se retrouver avec le conte pour petite fille à l’envers, le prince charmant qui s’est transformé en crapaud. Dans la vraie vie, ça donne un mec pas à l’aise, qui après une bière se transforme en fils naturel de Dubosc et de Bigard qui fait la Star Ac’, c’est à dire qui essaye de vous faire rire. Les tables à côté se foutent copieusement de votre gueule, et vous sombrez dans une nouvelle contemplation d’orteils. Gommage, changement de vernis, non, ce n’est pas utile de me rappeler.

Fallait pas accepter ce dîner. Moi, mes amis mariés, je les adore. Sauf quand je me retrouve à table avec eux et leur progéniture, à devoir raconter ma vie sentimentale (c’est tellement distrayant) pendant que les mouflets retapissent la nappe de purée et finissent en sujet principal de conversation. No comment bis.

Fallait pas aller bosser un joue de grève. Déjà, la ligne 9, en temps normal, c’est option boîte de nuit blindée un soir d’Ellen Allien, la musique et l’ambiance en moins. Un jour de grève, c’est innommable. A moins de faire pilier de rugby ou sumo dans la vie, faut laisser passer, la mort dans l’âme, quelques métros avant d’envisager faire la sardine. Ouverture de porte, je retiens ma respiration, me coince sous les aisselles de deux basketteuses, et retient ma respiration. Descendre pour laisser sortir, se faire piétiner, se recompacter au signal sonore, quatre stations plus tard, on sort du métro échevelée et suante comme si on venait de faire le marathon de Paris, et en retard. Bonheur.

Fallait pas tout prendre au pied de la lettre. Gens qui lisez mes humeurs, pitié, j’adore les commentaires, mais je ne suis pas tellement si ou pas tant ça, c’est juste un blog, ce que j’écris n’est pas forcément représentatif à 300 % de ma petite personne, et surtout, ne vise personne en particulier.

Fallait pas faire un blog ?