Humeurs de Lapin

La plusse belle ville du monde

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Monday, 11 February 2008 22:50

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Ach, Parisssssss. Y’a qu’à voir les hordes de touristes plus ou moins en short qui trépignent en bas de la Tour Eiffel pour se dire que oui, on a quand même de la chance d’être ici, eux sont venus de très loin pour voir ça. Je connais un Marseillais qui va encore râler, mais bon. Si ce site s’appelait lapinamarseille, je parlerais du Vieux Port (huiiik).

Donc, Parissss. Quand je suis arrivée, y’a genre ouf un bon moment maintenant, quasi 10 ans, j’ai détesté, tout de suite. Je me sentais incapable d’y vivre, j’étais perdue. Je viens du sud, comme chante l’autre, du coup, tout ce gris ce bruit ce beurk, je me suis sentie agressée. Et puis un jour, après une nuit difficile et une journée qui s’annonçait de la même trempe, à 6H30 du matin, j’ai vu Notre Dame au soleil. Et là, respect, silence, limite j’ai pleuré dans mon café à 10 balles (oui, à l’époque, c’était cher, 10 balles, pour un café).

J’ai marché, j’ai longé la Seine, j’ai vu que c’était comme dans les films américains, ou le tableau que j’aime tant, y’avait vraiment des bouquinistes.  Et j’ai traversé le Pont Neuf. Et j’ai vu la Samaritaine. La place de la Contre Escarpe. Le Canal Saint Martin. Le père Lachaise. Et je suis tombée amoureuse.

On your left, the Invalides. C’est vrai que ça fait un peu musée, cette ville. Tous ces monuments plantés là, qui n’ont jamais la même gueule, on peut les voir le jour sous le soleil, le jour sous la pluie, la nuit, ils sont jamais pareils. Mais ils sont toujours impressionnants. Ils nous enterreront tous, ils le savent, ils sont fiers.

Paris, pour moi, c’est pas que les monuments, hein. C’est un pique nique hallucinant sur le Pont des Arts, qu’on voit même plus tellement il est squatté par des nappes et des bouteilles de rouges et des gens. C’est un carré de pelouse aux Buttes Chaumont. C’est des terrasses planquées où on se croirait en province. C’est du bruit, du monde, de la fureur, Montmartre un dimanche après-midi en Juillet, et tout de suite après un moment de calme incroyable dans le cimetière à deux pas. C’est une pause rêverie au soleil devant la Pyramide du Louvre. C’est des retours de soirées à point d’heure, des petits dej improvisés, des brunchs tous les dimanches. C’est un cerisier en fleur au milieu du bitume. Des flics à cheval ou en roller. C’est des rues qu’on découvre, des porches, des cours intérieures planquées, des vues qu’on avait loupé, des magasins qui poussent comme des champignons, des quartiers entiers qui se métamorphosent. Et en même temps c’est vieux et immuable.


Paris, c’est une énergie incroyable qui se dégage de partout. C’est la certitude qu’à chaque instant il se passe un milliard de choses dans un million d’endroits connus ou à découvrir. C’est des tas de lieux vus dans les films et les séries télé. A chaque fois que je passe devant Cador, je pense à Carrie qui trompe l’ennui en s’empiffrant de gâteaux à côté dun énorme chien baveux. A Montmartre, à Marylin qui chante que quand l’amour va mal, rien ne va bien pour payer son café.

Paris, c’est des tas de gens, une concentration fabuleuse de cons au centimètre carré et en même temps la possibilité de faire des rencontres merveilleuses. La ville de tous les possibles, de tous les mélanges, du resto clinquant tape à l’œil au petit troquet de quartier avec ses habitués. Du chic, du classe, du tranquille, du cool, du roots, du sordide. Pour tous les goûts. C’est riche, ça bouillonne, y’a de la culture, dix tonnes de musées, cinés, expos, vernissages. Un choix dément de choses à faire, même si on n’en fait pas les trois quarts, savoir que c’est là à portée de main et qu’il n’y a qu’à se baisser pour ramasser, c’est déjà fabuleux.

Paris, c’est tous les endroits que j’aime réunis en un seul. Paris que j’ai tant vômi et dont je ne peux plus me passer. Paris qui m’insupporte par moment, quand c’est gris, sale, triste, je file me mettre au vert, et je reviens contente de retrouver tout ce fabuleux foutoir. Maintenant, chez moi, c’est ici.

Paris, je t’aime.