Humeurs de Lapin

Un garçon, ça sert à quoi ?

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Souvent, les filles, elles se demandent ça. Surtout les filles célibataires, a priori, parce que les autres elles ont du se poser la question, mais elles y ont probablement répondu de manière satisfaisante. La fille célibataire, elle, elle a pas trouvé, ou elle fait semblant pour faire la maligne devant ses amies déjà équipées.
Forcément, avant, il y a très très très longtemps, les garçons ils servaient à ramener du miam, qu’ils allaient chasser pendant plusieurs jours dans les forêts. Les garçons étaient poilus, sentaient le fauve, et protégeaient les filles des vilains, des bêtes sauvages et des intempéries en construisant des abris avec leurs grosses mains et leurs dons pour le bricolage.

Ensuite, quelques longues années plus tard, à l’époque de nos grand-mères, voire mères, un garçon, ça servait à partir de chez ses parents pour monter sa petite famille et avoir le gîte et le couvert assurés jusqu’à la fin de ses jours. Moyennant quelques menus services comme l’élevage des enfants, la cuisine et le ménage. Normal.

Ensuite, c’est devenu très très compliqué. Les filles ont voulu faire comme les garçons, c’est à dire pas mettre de soutien-gorge, donc elles les ont brûlés (pas les garçons, hein, les soutien-gorges) en criant très fort à la libération de la femme. Elles ont voulu faire tout pareil, déjà, elles avaient eu le droit de vote, mais après elles ont voulu travailler et tout ça, et que l’homme aussi il fasse la cuisine et nettoie la salle de bains. C’était bien malin.

Ensuite, maintenant, donc, les filles, elles bossent, elles crient encore parce qu’elles sont moins bien payées mais bon, donc elles se fournissent le gîte et le couvert toutes seules, et comme avec toutes leurs bêtises d’indépendance elles ont rendu les garçons trouillards et irresponsables, elles sont célibataires. Du coup c’est sûr, elles bossent, et elles font ni le ménage ni la lessive pour qui que ce soit d’autre. D’ailleurs elles font tout pour leur pomme, et oui, d'accord, elles s’en sortent plutôt bien. Et les garçons ils ont très très peur du coup, parce qu’ils voient pas bien à quoi ils servent. On les a castrés. Ca, c’est fait.

Alors moi, comme je suis un Lapin gentil, j’ai décidé de dire qu’un garçon, c’est bien, et qu'on en a besoin. Parce que c’est sympa, hein, le plan je suis grande – je m’assume – je gagne même plus que toi des fois – je change mes ampoules toute seule, mais bon. Réhabilitons le garçon.

Un garçon, ça a jamais froid. Alors qui est contente de récupérer la veste parce qu’elle grelotte, c’est la fille. Le garçon tient chaud. Le garçon est une bouillotte géante, en plus glamour et moins caoutchouteux, avec des bras pour les câlins.

Un garçon, ça a pas beaucoup de sautes d’humeur, c’est solide. The Rock, on l’appelle. Du coup, quand la fille a un coup de blues, le garçon lui dit que ça va aller ma poule, avec une bonne bourrade virile, alors la fille, elle va déjà mieux. Ou pas, mais comme c’est pas forcément avec lui qu’elle aura une discussion de trois heures, elle fait un effort. Il a l’air tellement sûr…

Un garçon, c’est fort. Enfin, pas tous (dans un match Brigitte Nielsen / Woody Allen, je parierais pas forcément sur le petit binoclard) mais quand même souvent plus qu’une fille. Alors le garçon il peut porter les pack de Contrex ou les meubles dans les déménagements. Essayez de faire descendre 6 étages à une machine à laver portée par deux minettes, qu’on rigole. Le garçon peut aussi dévisser les pommeaux de douche pleins de calcaire. Enfin, j’espère, là, y’a message.

Un garçon, c’est plusse doué pour certains trucs. C’est statistiquement prouvé, il comprend plus vite les notices de montage de meubles Ikea (la fille : « quoi ça, j’ai monté B à l’envers et c’est dans C qu’il fallait visser les B12 ? »), répare les ordinateurs plus facilement, bidouille une antenne télé avec une fourchette (si, si), et quand il lit une carte, il part pas en sens inverse de la direction souhaitée. Lui.

Un garçon, ça a pas son pareil pour refaire l’ego à neuf : personne ne vous fait croire mieux que lui que vous êtes la plus belle, la plus drôle, la plus plein de choses, la plus à même de préparer à manger parce qu’il sait pas où on range nos ustensiles (ah oui non, là, ne soyons pas naïves, c’est juste pour pas faire la cuisine).

Un garçon c’est rigolo : ça fait des blagues pourries, ça croit que ça va décéder dans l’heure quand ça a un rhume, ça prend peur quand on s’enflamme ou quand on s’enflamme pas aussi, ça boit plein de bières, ça danse comme une andouille, ça aime être tranquille.

Et surtout, un garçon, c’est rusé comme un renard. Parce que finalement, ils nous ont laissé faire notre guerre d’indépendance, et ils finissent avec des filles moins frustrées professionnellement, donc plus fortunées, plus détendues, plus indépendantes donc moins collantes, et qui en prime veulent les garçons pour ce qu’ils sont, et non pas uniquement par souci de confort ou de sécurité. Du coup, ils ont moins la pression.

Bien joué, les garçons.