RIP
Vendredi, 26 Juin 2009 12:03
Jusqu'à ce matin, j'avoue mon inculture, je ne savais pas ce que RIP voulait dire. Pour les ânes comme moi, ça veut dire Rest In Peace, Repose en paix, quoi, REP, si on veut faire de l'acronyme francophone. Pour le coup, là, je sais. RIP MJ, ça fleurit partout. Michael Jackson est mort. Farrah Fawcett aussi, mais tout le monde s'en tape, du coup, alors qu'elle était quand même l'inventrice de la plus fabuleuse coupe de cheveux que la terre ait jamais porté. Mais elle qui se plaignait d'être harcelée par les paparazzis et vouloir être tranquille, elle est servie. A titre posthume, mais quand même. Mais revenons à MJ.
Je suis sciée par le déferlement d'hommages et de regrets. Certes, moi aussi, j'ai des souvenirs émus, c'était quand même fort, ce son, et tout le reste, pour l'époque. Oui, il déchirait déjà avec les J5, puis ensuite en solo, il a commis des morceaux mémorables, des ass-shakers exceptionnels, puis il savait danser, le bougre, et il savait aussi faire du clip vidéo épique (personne n'a réussi à égaler ça, on notera malgré tout une tentative honorable de Mylène Farmer). OK, respect total et inconditionnel pour tout ça. Mais aujourd'hui je comprends pas trop l'effondrement collectif. Parce que pour la perte tragique de ce dieu de la musique, on aurait tous dû pleurer à la sortie de Dangerous, soit en 1991.
Cet album, et surtout les suivants, sont musicalement sans intérêt, enfin j'exagère, mais à côté des claques infligées précédemment, c'était de la blague. Par contre, côté scandale, ça a commencé à devenir sympa à ce moment là, tous les media se délectaient. On connait tous par cœur ses problèmes avec son physique, matérialisés par une exceptionnelle escalade chirurgicale (pourtant, dieu sait qu'il était torride quand il était jeune, mais c'est sûr qu'à la fin son père pouvait plus lui dire qu'il avait un gros nez), sa sexualité douteuse, ses relations troubles avec des enfants avec qui il "dormait" dans son royaume de Peter Pan et qu'il a fait taire à coup de millions, ses mariages absurdes - ceci dit il a bien fait d'épouser sa dermato, ça a un côté pratique.
Mais, oui, RIP, parce que tout le monde ou presque mérite de reposer en paix, et puis quand même merci pour quelques unes des chansons les plus groovy de mon adolescence (et "The girl is mine", sublime dispute musicale au sujet d'une fille, avec McCartney). Dommage qu'il ait consacré plus de temps et d'argent à se blanchir, physiquement et des accusations d'abus sexuels, qu'à cultiver sa créativité et son talent.
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